Les conversations de certification regorgent de personnes dont le titre n'explique rien : le demandeur qui n'a pas écrit une ligne du logiciel, le DER qui travaille pour une entreprise mais parle au nom du gouvernement, l'autorité qui, la plupart du temps, n'est pas dans la pièce. Bien situer ces rôles a une portée pratique : savoir qui possède quoi vous dit qui convaincre, qui informer, et quelle signature clôt réellement un dossier.
La carte
Le demandeur : le seul nom sur l'approbation
Le demandeur — habituellement l'avionneur, le motoriste ou l'équipementier qui sollicite le certificat de type, le certificat de type supplémentaire ou l'autorisation d'équipement — est l'entité à qui l'approbation est délivrée, donc celle qui répond devant l'autorité de tout ce qui se trouve en dessous, y compris le logiciel écrit par ses fournisseurs.
La conséquence pratique descend la chaîne d'approvisionnement : un fournisseur de logiciel ne détient pas d'approbation et ne peut en obtenir une par lui-même. Vos preuves DO-178C existent pour appuyer la demande de quelqu'un d'autre. Cela façonne les contrats, les droits sur les données, et qui parle à l'autorité — habituellement le demandeur, le fournisseur se tenant un pas derrière.
L'autorité : trois drapeaux, une même forme
| Autorité | Compétence | Cadre réglementaire d'approbation de conception |
| TCCA — Aviation civile de Transports Canada | Canada | RAC 521, en vertu de la Loi sur l'aéronautique |
| FAA — Federal Aviation Administration | États-Unis | 14 CFR partie 21 |
| AESA — Agence de l'Union européenne pour la sécurité aérienne | États membres de l'UE | Partie 21 |
Les autorités certifient le produit ; elles ne le développent pas, et n'en lisent qu'un échantillon des preuves. L'essentiel de la lecture revient à des personnes que l'autorité a formellement habilitées à agir pour elle — les délégués — et c'est là que le vocabulaire se complique, chaque juridiction les nommant différemment.
Les délégués : des personnes privées, une autorité publique
| Canada (TCCA) | États-Unis (FAA) | Europe (AESA) | |
| Délégué individuel | DAR — Design Approval Representative | DER — Designated Engineering Representative | — (les privilèges reviennent aux organismes) |
| Délégué organisationnel | DAO — Design Approval Organization | ODA — Organization Designation Authorization | DOA — Design Organisation Approval |
| Leur rôle | Établir des constats de conformité au nom du ministre | Approuver des données au nom de l'Administrateur | Détenir des privilèges d'approbation dans le périmètre agréé de l'organisme |
Le fournisseur : des preuves, sans approbation
Le développeur du logiciel — souvent vous, si vous lisez ceci — possède les plans, les éléments et les résultats de vérification, et en répond lors des revues SOI. Ce qu'il ne possède pas, c'est une approbation. Entre fournisseur et demandeur existe donc une tension structurelle et permanente qu'il vaut la peine de nommer : le demandeur porte le risque de certification du travail du fournisseur, et voudra donc une visibilité sur des preuves que le fournisseur peut considérer comme internes. Régler les droits sur les données, l'accès d'audit et la circulation des rapports de problèmes dans le contrat coûte infiniment moins cher que de le régler pendant le SOI nº 3.
La liaison de certification : le rôle que le DO-178C vous assigne réellement
La liaison de certification est l'un des quatre processus intégraux du DO-178C — la norme attend que quelqu'un, côté logiciel, possède cette relation : proposer le calendrier des SOI dans le PSAC, tenir le délégué informé entre les revues, et veiller à ce que les problèmes émergent tôt plutôt que théâtralement. Sur les programmes sains, c'est une personne nommée avec du temps alloué. Sur les autres, ce n'est personne — jusqu'à ce que ce soit soudain tout le monde.
Qui appeler, et pour quoi
| Situation | Première conversation à tenir |
| Un plan ou une norme doit changer en cours de programme | Votre liaison de certification → le délégué |
| Vous estimez qu'un objectif ne s'applique pas à votre cas | Le délégué, avec votre justification écrite au préalable |
| Un constat semble erroné | Le délégué qui l'a établi — avec des preuves, non des adjectifs |
| Le niveau d'assurance lui-même semble erroné | L'organisation systèmes/sécurité du demandeur, non l'autorité |
| Une approbation doit être reconnue à l'étranger | Le bureau de certification du demandeur ; les voies bilatérales relèvent de lui |
Foire aux questions
Un fournisseur de logiciel peut-il parler directement à l'autorité ?
La relation passe normalement par le demandeur, qui détient la demande et la responsabilité. Les fournisseurs participent aux revues de leurs propres preuves, mais les propositions et les positions formelles transitent par l'organisation de certification du demandeur.
Un DER ou un DAR est-il la même chose qu'un conseiller ?
Non. Un conseiller vous conseille et relève de vous. Un délégué, lorsqu'il agit en vertu de sa délégation, établit des constats au nom de l'autorité et relève d'elle — même s'il fait par ailleurs du conseil quand il ne porte pas ce chapeau. Savoir quel chapeau est porté a son importance.
Quelle est la différence entre un ODA et un DER ?
Un DER est une personne détenant personnellement une autorité déléguée. Un ODA est un organisme la détenant institutionnellement, avec des personnes autorisées travaillant à l'intérieur de cet agrément. Le tandem canadien DAR/DAO reflète la même distinction personne/organisme.
Qui est le demandeur lorsque nous vendons un équipement, et non un aéronef ?
Un équipement peut être autorisé en propre — une autorisation TSO aux États-Unis, une CAN-TSO au Canada — auquel cas l'équipementier est le demandeur de cette autorisation, tandis que l'installation sur un aéronef demeure l'affaire du détenteur de l'approbation au niveau de l'aéronef.
Avons-nous besoin de notre propre responsable de liaison de certification ?
Si votre logiciel est en voie de certification, quelqu'un fait ce travail — la seule question est de savoir si c'est délibéré ou accidentel. Sur les petits programmes, c'est un chapeau porté à temps partiel ; l'important est que ce soit nommé, planifié, et non découvert en pleine revue.
Si la carte des rôles de votre programme est floue — ou si le contrat avec votre demandeur a laissé l'accès aux preuves indéfini — cela se corrige, et à meilleur coût maintenant que plus tard. Écrivez-nous.